Autres exemples

Exemples d’utilisation d’un texte écrit par autrui

Nous avons vu précédemment les bonnes pratiques, associées à un exemple simple, pour éviter le plagiat.
Nous vous présentons ici d’autres exemples plus concrets.

Vous avez trouvé dans un livre le paragraphe ci-dessous qui contient des idées qui vous semblent intéressantes et que vous aimeriez utiliser dans votre propre travail. Il se trouve page 361 de l’ouvrage de Mme Monique Chemillier-Gendreau paru en 2013 aux éditions Fayard, De la guerre à la communauté universelle. Entre droit et politique.

L’indétermination du droit de résistance est liée à l’indétermination de la démocratie comme projet de liberté. Car, se revendiquant comme un « État de droit », l’État réduit le droit de résistance aux possibilités ouvertes par la loi et, dès lors, « cela a abouti à faire apparaître les véritables mouvements de résistance démocratiques comme menaçants pour la démocratie, comme illégitimes1 ».

En bas de page figurait la note suivante, correspondant à l’appel de note « 1 » après le mot « illégitimes » :

1. Anne-Marie Roviello, « Résistance ou servitude volontaire », in Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour, op. cit., p. 137.

Voici cinq façons d’utiliser ce texte dans votre travail. Seules les deux dernières sont acceptables.

Cas n° 1

Il me semble que l’indétermination du droit de résistance est liée à l’indétermination de la démocratie comme projet de liberté. Car, se revendiquant comme un « État de droit », l’État réduit le droit de résistance aux possibilités ouvertes par la loi et, dès lors, cela a abouti à faire apparaître les véritables mouvements de résistance démocratiques comme menaçants pour la démocratie, comme illégitimes.

Il s’agit là d’une utilisation non-acceptable : vous vous faites passer pour l’auteur de cette réflexion (les idées elles-mêmes, et les mots pour les exprimer) alors que l’intégralité des idées et des mots utilisés, sauf les quatre premiers, ne sont pas de vous et vous ne faites pas référence au fait que Mme Chemillier-Gendreau cite elle-même un autre auteur. Il s’agit d’un cas de plagiat.
Il aurait fallu utiliser les normes de citation (guillemets, références des sources) et préciser que Mme Chemillier-Gendreau citait elle-même un autre auteur.

Cas n° 2

Si le droit à la résistance n’est pas clairement défini, c’est que tout le monde n’est pas d’accord avec le fait que le but de la démocratie, c’est la liberté. Or, comme l’État ne considère comme acceptable que ce que le droit prévoit comme acceptable, il en résulte que tout mouvement de résistance, même démocratique, est considéré par l’État comme illégal et comme constituant un danger pour la démocratie.

Il s’agit là d’une utilisation non-acceptable : certes, vous n’utilisez pas les mots de Mme Chemillier-Gendreau, mais vos phrases ne font que résumer des réflexions dont vous n’êtes pas l’auteur ; or, vous ne l’indiquez pas. Il s’agit d’un cas de plagiat.
Il aurait fallu utiliser les normes de citation (guillemets, références des sources) et préciser que Mme Chemillier-Gendreau citait elle-même un autre auteur.

Cas n° 3

Il me semble intéressant de compléter l’analyse que je viens de faire par les réflexions de Mme Chemillier-Gendreau pour qui l’indétermination du droit de résistance est liée à l’indétermination de la démocratie comme projet de liberté. Elle explique que se revendiquant comme un « État de droit », l’État réduit le droit de résistance aux possibilités ouvertes par la loi et que, dès lors, cela a abouti à faire apparaître les véritables mouvements de résistance démocratiques comme menaçants pour la démocratie, comme illégitimes.

Il s’agit là d’une utilisation non-acceptable : vous dites bien que l’auteur de cette réflexion est Mme Chemillier-Gendreau, mais premièrement, vous ne donnez pas les références précises de son ouvrage et deuxièmement, vous n’utilisez pas de guillemets alors que vous citez intégralement les mots qu’elle a utilisés, ce qui porte à croire que si l’idée n’est pas de vous, les phrases en revanche le sont. Par ailleurs, vous ne faites pas référence au fait que Mme Chemillier-Gendreau cite elle-même un autre auteur. Il s’agit d’un cas de plagiat.

Il aurait fallu utiliser les normes de citation (guillemets, références des sources) et préciser que Mme Chemillier-Gendreau citait elle-même un autre auteur.

Cas n° 4

Il me semble intéressant de compléter l’analyse que je viens de faire par les réflexions de Mme Chemillier-Gendreau pour qui « L’indétermination du droit de résistance est liée à l’indétermination de la démocratie comme projet de liberté. Car, se revendiquant comme un “État de droit”, l’État réduit le droit de résistance aux possibilités ouvertes par la loi1 ». Elle ajoute, citant Anne-Marie Roviello, que « cela a abouti à faire apparaître les véritables mouvements de résistance démocratiques comme menaçants pour la démocratie, comme illégitimes2 ».

Vous avez indiqué en notes :

1. Monique Chemillier-Gendreau, De la guerre à la communauté universelle. Entre droit et politique. Paris : Fayard, 2013, p. 361.

2. Anne-Marie Roviello, « Résistance ou servitude volontaire », in Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour. Paris : Sens & Tonka, 2006, p. 137.

Il s’agit là d’une utilisation acceptable : vous dites bien que l’auteur de cette réflexion est Mme Chemillier-Gendreau, vous donnez les références précises de son ouvrage, vous utilisez des guillemets, et vous faites bien référence au fait que Mme Chemillier-Gendreau cite elle-même un autre auteur et donnez la référence précise de l’ouvrage d’où ces propos sont tirés.

Cas n° 5

Il me semble intéressant de compléter l’analyse que je viens de faire par les réflexions que livre Mme Chemillier-Gendreau sur le droit de résistance dans son dernier ouvrage1. Elle affirme que si le droit de résistance n’est pas clairement défini, c’est que tout le monde n’est pas d’accord avec le fait que le but de la démocratie, c’est la liberté. Comme l’État ne considère comme acceptable que ce que le droit prévoit comme acceptable, il en résulte, ajoute Chemillier-Gendreau citant Anne-Marie Roviello2, que tout mouvement de résistance, même démocratique, est considéré par l’État comme illégal et comme constituant un danger pour la démocratie.

Vous avez indiqué en notes :

1. Monique Chemillier-Gendreau, De la guerre à la communauté universelle. Entre droit et politique. Paris : Fayard, 2013, p. 361.

2. Anne-Marie Roviello, « Résistance ou servitude volontaire », in Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour. Paris : Sens & Tonka, 2006, p. 137.

Il s’agit là d’une utilisation acceptable : vous n’utilisez pas les mots de Mme Chemillier-Gendreau ou de Mme Anne-Marie Roviello, et donc vous n’utilisez pas de guillemets, mais vous indiquez bien qu’il s’agit de réflexions dont vous n’êtes pas l’auteur et vous indiquez bien avec les normes de citation adéquates la source de cette réflexion ainsi que le fait que son auteur cite elle-même un autre texte dont vous donnez bien les références.

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